La transition écologique, une opportunité chiffrée à 26 000 milliards de dollars et 65 millions d’emplois d’ici 2030

mercredi 12 septembre

Par Concepcion Alvarez @conce1 pour Novethic, extraits :

C’est un rapport que le tout nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, va certainement regarder de près. Il pourrait en tout cas lui être très utile pour convaincre ses collègues de l’intérêt de lutter contre le changement climatique. Car selon la Commission mondiale pour l’économie et le climat les gains pour l’économie et l’emploi seraient colossaux.
Les recettes publiques pourraient augmenter de 2 800 milliards de dollars par an en 2030, soit l’équivalent du PIB actuel de l’Inde.

Nous sous-estimons largement les bénéfices économiques et sociaux d’une lutte efficace et acharnée contre le changement climatique, alertent les chercheurs de la Commission mondiale pour l’économie et le climat. Son nouveau rapport, publié ce mercredi 5 septembre, a été remis au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. Il dessine un nouveau modèle de croissance pour le XXIe siècle basé sur un développement bas carbone et résilient.

Des gains socio-économiques colossaux

Plus de 200 experts ont participé à ces travaux. Leurs conclusions sont claires : le changement de modèle est source d’opportunités. Une action ambitieuse en faveur du climat pourrait générer 26 000 milliards de dollars de gains économiques cumulés, comparé à un scénario Business as usual. De plus, 65 millions d’emplois pourraient être créés à cette échéance dans l’économie bas-carbone, soit l’équivalent de l’ensemble de la main-d’œuvre actuelle du Royaume-Uni et de l’Égypte. Et, grâce à une réforme des subventions et de la tarification du carbone, les recettes publiques pourraient augmenter de 2 800 milliards de dollars par an en 2030, soit l’équivalent du PIB actuel de l’Inde.

Les gains seraient également importants en matière de santé. La lutte contre le changement climatique permettrait en effet d’éviter 700 000 décès prématurés dus à la pollution de l’air.

Envoyer des signaux clairs

"Nous sommes à un moment unique où nous pouvons soit tout perdre soit tout gagner", assure Ngozi Okonjo-Iweala, ancien Ministre des finances du Nigéria et co-président de la Commission mondiale. Mais "tout gagner" demande un changement de cap immédiat. "Les décideurs politiques doivent retirer le pied du frein et envoyer un signal clair en faveur de ce nouveau modèle de développement qui se traduit par des opportunités économiques et de marché intéressantes".

Les auteurs appellent les gouvernements à prendre des mesures urgentes dans les trois années à venir car c’est au cours de cette période que seront prises des décisions cruciales qui façonneront les 10 à 15 ans à venir. "Ce texte est plus qu’un rapport. C’est un manifeste sur la façon dont nous pouvons nous tourner vers une meilleure croissance et un meilleur climat", précise Felipe Calderon, ancien président du Mexique et président honoraire de la Commission.

Risque climat

Pour accélérer la transition vers un monde bas-carbone, les auteurs listent plusieurs recommandations. Ils préconisent par exemple d’accélérer la mise en place d’un prix carbone, de supprimer les subventions aux énergies fossiles, de rendre obligatoire la publication des risques financiers liés au climat, de mobiliser davantage le secteur privé ou encore de partager équitablement les gains afin d’assurer une transition juste.

Tout autant de pistes dans lesquelles le successeur de Nicolas Hulot, François de Rugy, pourra puiser pour mener à bras le corps le changement de cap sur lequel il est aujourd’hui attendu par les acteurs de la transition écologique.



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