Baisse historique des APL, retraites, chômage, ce qui nous attend en 2019

dimanche 30 décembre 2018

TOUJOURS PLUS LOIN

Alors que le mouvement des gilets jaunes continue de faire souffler un vent de contestation contre le président Macron, celui-ci a tout de même prévu un calendrier de réformes chargé pour l’année 2019… à moins qu’un coup d’arrêt ne soit imposé à l’exécutif.

Jean-Michel Larhot
http://www.revolutionpermanente.fr/ - jeudi 27 décembre

Emmanuel Macron, en 2017, s’est fait élire sur la base d’un programme ambitieux de réformes et sur sa capacité à les mettre en œuvre. Président jupitérien, il a commencé son mandat sur les chapeaux de roue avec la loi travail XXL qui n’avait pas rencontré de véritable résistance avant de poursuivre sur les fameuses réformes du printemps dernier  : la loi ORE et la réforme du rail. Bien que ces lois soient passées, le gouvernement avait déjà laissé des plumes dans la bataille, et ce avant que l’affaire Benalla puis le mouvement des gilets jaunes ne semble donner un coup de grâce à Macron.

Acculé et ne tirant sa légitimité que de ces réformes, Macron n’a d’autres choix que de se tenir à la ligne qu’il s’est fixée en début de mandat. Ainsi, l’année 2019 prévoit trois grands chantiers pour un gouvernement déjà bien affaibli face à un mouvement social bien remonté : la réforme des APL, celle des retraites et celle de l’assurance chômage.

Tout d’abord, en ce qui concerne la réforme des APL, l’objectif est clair : faire des économies. Il s’agit principalement de changer la façon dont sont calculées les aides et la fréquence de réactualisation des aides pour la faire tomber à 3 mois. Cette mesure à elle seule pourrait priver d’aides près de 1.2 millions de foyers. Cette nouvelle attaque fait suite à l’abaissement de 5€ par mois des APL l’an passé.

Le chantier suivant pour le gouvernement est une réforme de l’assurance chômage, elle aussi dans un but austéritaire. L’un principaux points d’économie pour le gouvernement sera de revoir les règles de calcul dans le cadre du cumul d’indemnité chômage et d’un emploi. Cette mesure qui permet la survie des travailleurs les plus précaires coûterait trop cher pour le gouvernement qui vise à faire des économies. Au prétexte de « responsabiliser » les bénéficiaires de telles aides afin qu’ils retrouvent un emploi durable, cette mesure est dans la ligne de mire du gouvernement. Comme dans le cas précédent, il s’agit d’une attaque directe contre les plus précaires.

La dernière attaque et pas la moindre du gouvernement concerne le système de retraite. Finie la retraite par répartition, place à la retraite par points. L’objectif cette fois est clair, il s’agit de la fin de l’ensemble des régimes spéciaux qui bénéficiaient jusque-là à certaines catégories de travailleurs. Avec cette réforme, la pension de retraite sera calculée sur l’ensemble de la carrière et non, comme dans le système actuel, sur les meilleurs trimestres de la vie active.

A l’heure où le mouvement des gilets jaunes dénonce la vie chère, de telles mesures seront autant de provocations qui ne feront qu’aggraver la situation des ménages précaires. Il n’en reste pas moins que Macron n’a pas le choix, s’il veut conserver le peu de gens qui lui sont encore fidèles mais surtout s’il ne veut pas voir son fameux « projet » annoncé à grands cris lors de sa campagne électorale tomber à l’eau, il doit aller au bout de ces réformes…. Et pour cela, Macron n’a pas d’autre choix que de tenter de renouer avec la méthode « bulldozer » : En définitive, éteindre les braises des Gilets Jaunes pour recommencer à sidérer toute résistance en enchainant les réformes les unes après les autres.

Cependant, contrairement à l’année 2018, il n’est plus Jupiter mais un des présidents les plus détestés de l’histoire de la Vième république. Plus que jamais, il est possible de mettre en échec le programme austéritaire dans la rue, et mettre à mal la fin du quinquennat de Macron.

Complément d’information :

Deux analyses récentes de l’Observatoire des inégalités qui démontrent un taux d’inégalités plus fort qu’il y a 20 ans.
La première est consacrée au système fiscal qui n’est pas équitable.
Ces éléments démontrent de façon juste et fiable que les baisses de taxations des hauts revenus, ainsi que l’aide aux entreprises misent en place depuis les années 2000 n’ont pas relancer la croissance et l’emploi. Les riches sont de plus en plus riches sans que cela provoque un changement chez les plus modestes.
https://www.inegalites.fr/La-fiscalite-francaise-est-elle-juste
La deuxième fait la démonstration du caractère indispensable de l’Impôt qui est le seul levier de solidarité permettant de maintenir les plus modestes sous le seuil de pauvreté.
https://www.inegalites.fr/Les-allocations-reduisent-le-nombre-de-pauvres-de-cinq-millions


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