Emmanuel Macron fait le choix de la soumission à l’ordre économique

vendredi 4 mai

2 mai 2018 Par Romaric Godin pour Médiapart, extraits :
Dans son entretien à Forbes, Emmanuel Macron explique que ses choix économiques sont déterminés par sa volonté de coller aux intérêts des investisseurs. Il ne se contente pas d’annoncer la fin de l’exit tax, il présente une vision du monde faite de soumission à la volonté des plus riches.
« Mon travail n’est pas de regarder la télé et de faire des commentaires d’actualité, j’ai autre chose à faire », a martelé Emmanuel Macron concernant sa présence en Australie le jour de la fête du travail. Et pour enfoncer le clou sur cette indifférence à l’égard du 1er Mai, Forbes, le magazine étasunien préféré des hommes d’affaires de la planète, a publié un entretien avec le président de la République qui révèle sa conception des rapports économiques et sociaux comme aucun autre auparavant.
La défense des intérêts du secteur privé
https://france.attac.org/se-mobiliser/en-france-no...

L’hôte de l’Élysée y est dans son élément, il assure faire partie du monde des lecteurs de Forbes. « Je pense que je comprends les entrepreneurs et les preneurs de risque plutôt bien », revendique-t-il avant d’appuyer : « Pour moi, c’est important. J’ai cette compréhension directe de ce que sont leurs intérêts. » Cette perception est élevée au rang de mode de gouvernement................
Emmanuel Macron ne cache donc pas qu’il détermine ses choix par sa volonté de coller le plus possible aux intérêts des investisseurs, ce qu’il appelle une « approche favorable aux affaires » (« business friendly approach »). Or, ces intérêts sont financiers et les choix seront donc ceux qui accroîtront la rentabilité de ces investisseurs. D’où les généreux cadeaux fiscaux qui ont été accordés et qui le sont encore, on le verra. On le sait, Emmanuel Macron rejette le titre de président des riches, mais il revendique celui de « président des investisseurs »......................
l’annonce principale de cet entretien, la suppression de l’exit tax, est hautement significative. Cette taxe mise en place par Nicolas Sarkozy en 2012 frappe les personnes qui décident de changer leur domicile fiscal. Son rendement est de 800 millions d’euros. Emmanuel Macron annonce qu’elle sera supprimée en 2019. Le journaliste de Forbes n’en croit pas ses oreilles, il demande s’il parle bien d’une « suppression » ou d’une « réduction ». Et il s’agit bien d’une suppression. ...............
Le président de la République prétend dans cette interview faire la « révolution » et « transformer » la France, mais il n’est pas l’acteur de cette transformation. Il la subit et l’accompagne. Cette transformation est menée par les investisseurs internationaux, ceux qui, pour Emmanuel Macron, disposent de la réalité du pouvoir (et c’est pourquoi il veut tant faire partie de leur monde). .......
Du reste, Emmanuel Macron répète deux fois dans cet entretien qu’« il n’y a pas d’autres choix », ce qui rappelle évidemment le fameux « il n’y a pas d’alternative » de feu Margaret Thatcher. Il y a un aspect métaphysique, presque religieux, dans cette approche, selon laquelle il existerait un ordre économique transcendant et immuable qui apporterait le bien à qui l’accepte sans ciller................
la vision d’Emmanuel Macron est celle d’une soumission du politique à cet ordre, celui des intérêts particuliers des plus riches. Il n’y a pas d’autre intérêt général. En cela, le président français est profondément un conservateur à l’ancienne, un défenseur de l’ordre établi. La suppression de l’exit tax est, ici, fort parlante car l’optimisation fiscale, en affaiblissant les ressources des États, est une des sources principales du chantage au moins-disant fiscal qui ronge nos sociétés. En faisant croire qu’on réduirait l’exil fiscal en levant les rares contraintes qui l’entourent, il conduit à désarmer encore la puissance publique. Il est ensuite plus aisé, il est vrai, de présenter son impuissance comme une évidence..............
Bercy avait reconnu en 2017 que la défiscalisation du capital n’aurait pas d’impact économique. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra compenser les pertes liées à l’exit tax, comme celles des autres cadeaux fiscaux. Et que la course au moins-disant fiscal, dans laquelle s’engage le président français la fleur au fusil, est mortifère et perdue d’avance. Mais les voies de l’idéologie sont impénétrables. ............


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