Jusqu’où ira MACRON ?

vendredi 1er novembre 2019

Vendredi 1° novembre entre en vigueur la réforme des Droits aux allocations chômage qui va impacter des millions de français en aggravant les inégalités.
1,3 million de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient.
C’est une véritable machine à fabriquer de la pauvreté qui va se mettre en branle à partir du 1er novembre. Même les agents du Pôle emploi en prennent le vertige.
L’objectif annoncé de la réforme : économiser 3,4 milliards d’ici fin 2021. Tout en mettant au passage un énorme coup de pression sur les demandeurs d’emploi, une nouvelle fois rendus responsables de leur situation.
Ces économies drastiques seront entièrement financées par les demandeurs, et plus particulièrement par les plus précaires d’entre eux – en intérim ou en CDD. La première étape démarre ce 1er novembre, avec un durcissement des conditions qui permettent d’ouvrir ses droits à l’assurance-chômage. La seconde débutera le 1er avril 2020, avec une chute brutale du montant des indemnisations.

Au total, la moitié des personnes indemnisées – principalement celles qui n’ont pas pu travailler à temps plein pendant au moins un an – verront leurs droits réduits, voire supprimés. Soit 1,3 million de personnes parmi les 2,7 millions qui bénéficient actuellement d’une indemnisation – sur, au total, 6 millions de personnes inscrites au Pôle emploi.

« Beaucoup de gens vont aller émarger au RSA »

Les cadres les mieux payés sont également mis à contribution, mais dans une moindre mesure. Entrée en vigueur dès le 1er novembre 2019, la mesure de dégressivité concernant les plus hauts salaires commencera à avoir des effets au 1er avril 2020 puisque les allocations seront amputées de 30 % au bout de six mois... Les allocataires concernés – ceux dont les salaires bruts excèdent 4500 euros – représentent 4 % des 2,7 millions de demandeurs d’emplois indemnisés, soit un peu plus de 100 000 personnes. L’Unédic attend de cette mesure 140 millions d’euros d’économies en 2021, contre plus d’un milliard grâce aux coupes dans les indemnités des plus précaires [2].

D’après l’organisme qui gère l’assurance-chômage, sur les douze premiers mois d’application de la réforme, d’avril 2020 à mars 2021, la moitié des 2,7 millions de Français percevant l’assurance-chômage verront leurs revenus diminuer. Pour un tiers d’entre-eux (850 000 personnes), l’indemnité baissera de 22%, de 905 à 708 euros. Pour un demandeur d’emploi sur dix (280 000 personnes), l’allocation diminuera d’un quart, de 897 à 679 euros.

Enfin, 7 % des chômeurs parmi les plus précaires (190 000 personnes) perdront carrément la moitié de leurs droits au chômage et devront (sur)vivre avec 431 euros par mois (au lieu de 868 euros) en attendant de décrocher une nouvelle mission d’intérim.

La modification de ces règles de calcul va rendre plus difficile le cumul de petits boulots et d’assurance-chômage. Auparavant, les personnes qui devaient enchainer des CDD pouvaient percevoir un complément de revenus si leur nouveau CDD était moins bien rémunéré. Avec des indemnisations plus basses car davantage étalées dans le temps, ce sera bien plus compliqué. Impossible, donc, d’anticiper une baisse du niveau de vie liée à un travail précaire et moins bien payé.

EN MÊME TEMPS :

En débat à l’Assemblée, le budget 2020 de l’Éducation nationale sabre dans les fonds sociaux prévus pour les familles pauvres. Justification du ministère ? Ils ne sont jamais dépensés en intégralité. Mais trop de parents ignorent leur existence ou n’osent pas les réclamer.
Le budget de l’Éducation nationale pour 2020 prévoit une baisse de ces crédits de moitié, comme l’a remarqué Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire sous Vincent Peillon, auteur en 2015 d’un rapport de référence.
Jean-Paul Delahaye sonne l’alerte : « Le budget consacré aux fonds sociaux des établissements qui avait été porté à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement et maintenu à ce niveau en 2018 et 2019, sera de 30,6 millions d’euros en 2020. » Bercy a décidé d’arbitrer en défaveur des enfants pauvres.

Et ce n’est pas la première fois, puisque entre 2002 et 2012, lorsque la droite était au pouvoir, ces fonds sociaux étaient passés de 73 à 32 millions d’euros.

Étouffé par la polémique autour du voile des mères accompagnatrices de sorties scolaires, le sujet a peu ému, ce qui participe de la colère de Jean-Paul Delahaye, effaré que les enfants pauvres ne bénéficient pas davantage de soutien dans un pays qui sait s’indigner dès qu’une ligne d’un programme d’histoire est modifiée.

Cette décision est difficile à comprendre, alors que le président de la République a lui-même lancé un plan de lutte contre la pauvreté – dont l’ambition se heurte déjà à la contrainte budgétaire. Le ministre de l’éducation nationale ne cesse également de répéter sa volonté d’aider les territoires et les élèves les plus démunis. Depuis cette rentrée, des petits déjeuners sont par exemple servis certains jours dans les écoles des zones prioritaires pour réduire les inégalités alimentaires, parce que certains enfants arrivent le ventre vide en classe.

La question est loin d’être anecdotique : on dénombre 1,2 million d’enfants pauvres sur le territoire, soit 10 % des élèves. Un très beau documentaire, Gosses de France (à voir ici), réalisé par Andrea Rawlins-Gaston et diffusé sur France 2, donne la parole à ceux qui vivent cette réalité.

EN MÊME TEMPS :

Le gouvernement décide de ne plus "compenser" les pertes budgétaires de la Sécurité Sociale qui sont la conséquence directe de ses réformes. Cette compensation est pourtant écrite dans la Loi. Après avoir casser le système de solidarité en transformant des cotisations sociales en impôts. La Sécurité Sociale devait être en excédent budgétaire et la voilà en déficit.

EN MÊME TEMPS :

La réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron fait basculer le système par répartition vers un système individualisé, à points. Chacun vivra dans l’illusion qu’il reste maître du niveau de sa future pension, mais exercer un métier pénible ou précaire, connaître des périodes de chômage, se retrouver en invalidité sont autant de facteur qui feront baisser les points accumulés.
Cette réforme veut limiter les dépenses de retraite, c’est-à-dire concrètement faire baisser les pensions des retraités par rapport au niveau de vie des actifs. C’est une trajectoire qui est déjà en partie programmée par les réformes précédentes. La nouveauté de la réforme, avec l’introduction d’un système à points, c’est de rendre cette trajectoire automatique, et moins facilement réversible. Son principe est de définir un taux de cotisation fixe, qui ne bougera pas. C’est donc le niveau des pensions qui s’ajustera, de manière à ce que ce taux de cotisations permette de les payer.

Ce que cela dessine, d’ici une vingtaine ou une trentaine d’années, ce sont des retraites qui n’auront plus le même rôle qu’aujourd’hui. Les pensions retraites existeront toujours – il est inexact de dire qu’on n’aura plus de retraites. Mais ces retraites qui ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie. Elles ne constitueront qu’un premier étage. Celles et ceux qui n’auront que cela seront vraiment appauvris. D’autres, qui seront plus aisés, iront compléter par de la capitalisation.

EN MÊME TEMPS :

Dès son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a pris plusieurs mesures qui lui ont valu le surnom de « Président des riches » : la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en simple impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les revenus du capital (aussi appelé flat tax).
Le gouvernement avait justifié ces mesures en expliquant qu’elles allaient profiter à la relance de l’investissement et de l’emploi, les plus riches réinjectant cette hausse de pouvoir d’achat dans l’économie réelle. Or, de l’aveu même du comité d’évaluation nommé par le gouvernement, ces mesures n’ont pas d’effets positifs sur l’économie.
Face à l’exigence de justice fiscale porte notamment par le mouvement des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron avait refusé de supprimer ces cadeaux fiscaux, mais avait mis en place un comité d’évaluation, laissant entendre qu’il reviendrait sur ces mesures si elles étaient inefficaces ("nous regarderons son efficacité. Si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons.").
Ce comité d’évaluation vient de rendre ses premières conclusions et d’enlever toute justification à ces mesures, qu’il est temps de supprimer.
Pas de ruissellement

Le rapport a calculé que les 5% des ménages les plus riches ont en moyenne un gain de 6 500 euros par an grâce à la suppression de l’ISF. Quelle surprise : la suppression de l’ISF a profité à ceux qui payaient l’ISF, c’est-à-dire aux plus riches.
Au passage, on notera la pudeur des auteurs du rapport, qui ont omis de calculer combien ces mesures rapportent aux 1% les plus riches ou aux 0,1 % les plus riches : les sommes économisées par les ultra-riches sont-elles si énormes qu’il faut éviter de les indiquer dans le débat public ?

Une question demeure : Quelle-est la goutte d’eau qui fera déborder le vase ?

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