Merci patron ! : « On est plus forts qu’on ne le croit »

mercredi 24 février 2016 : 14h00

Merci patron !, documentaire inclassable qui montre un couple de chômeurs picards piégeant Bernard Arnault, l’un des milliardaires les plus puissants de ce monde, sort en salle mercredi 24 février. Signé François Ruffin, le film redonne sens et fierté à la lutte.

C’est un film qu’on aimerait voir avec François Hollande sous les ors de notre République qui ploie sous le poids de sa déchéance. Dans le molleton élyséen, entre 21 heures et minuit, ces heures bientôt plus considérées comme du travail de nuit pour tous ceux qui courbent l’échine au crépuscule pour gagner leur pain, leur loyer, leur vie quand le président aura signé, avec Manuel Valls, les derniers bons à tirer sur le code du travail. C’est un film qu’on aimerait voir avec le président parce que les blagues, les gags, les calembours, c’est son truc. Les arnaques aussi. Tromper, berner, filouter ceux qui l’ont porté au dôme de l’État. Son discours de gauche du Bourget, « mon adversaire, il n’a pas de visage, pas de nom, pas de parti, c’est le monde de la finance », c’était du pipeau. Du spectacle. Guignolesque. Comme ses envolées à l’oreille des ouvriers, des PSA, des Goodyear, des Arcelor, des masses de précaires, chômeurs, « sans dents » de souche ou binationaux qu’il n’en finit pas de déchoir de leurs droits et de plumer à coups de réformes anti-sociales, appliquant mieux que la droite avant lui la bible du Medef.

Ce film qu’on aimerait voir avec le président, juste pour le voir se tordre de malaise sur son fauteuil, lui, ses ministres chargés du sale boulot, Myriam El Khomri, Emmanuel Macron, et quelques grands costumes du capital, c’est « Merci patron ! ». L’histoire d’une gigantesque arnaque où des prolos, cornaqués par un reporter acharné, ridiculisent le milliardaire qui les a licenciés et livrés à la misère : Bernard Arnault, première fortune de France, patron du premier groupe de luxe au monde, LVMH, et de tout un tas de médias. Ce n’est pas une fiction qui s’inspire du réel mais une histoire vraie, tellement vraie et jubilatoire qu’on n’y croit pas et qu’on se frotte les yeux. Dans la grisaille du Nord saigné par les délocalisations, les licenciements, Serge et Jocelyne Klur, un couple de chômeurs, criblé de dettes, vivote d’un RSA, dîne à Noël d’une tartine de fromage blanc sans chauffage. Des trémolos fatalistes dans leur accent ch’ti, ils attendent avec leur fils que l’huissier vienne saisir leur petite maison acquise à la force du labeur à l’usine Ecce, filiale de LVMH qui fabriquait des costumes Kenzo, délocalisée en Pologne à l’aube des années 2000. Quand soudain « Ruffin des bois » – François Ruffin, journaliste en chef de Fakir, un canard amiénois confidentiel et militant « fâché avec tout le monde ou presque », qui trempe sa plume dans les plaies sociales de la région –, surgit sur le pas de la porte.....


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